Dans un coin de jardin, une
araignée déambule sur sa toile. C’est cette image qui a été utilisée sur la
jaquette du dvd. Elle exprime bien le
travail du cinéaste-documentariste Eric Pauwels, bâtissant une œuvre hors norme
(trois heures), à la fois intimiste,
fragile et pourtant gigantesque. Dans sa cabane, le cinéaste rêve à toutes les
histoires qu’il ne tournera pas, aux films qui ne verront pas le jour. Mais en ne
les faisant pas, il les met en lumière. Ce grand projet est un mélange de home movies filmés par lui ou par d’autres - un de ses amis faisant le tour du monde en
bateau lui envoie régulièrement des images du voyage - et de séquences de fiction comme cet épisode
du Mahabharata coloré comme un bollywood. Grands voyageurs et aventuriers sont
les figures dans lesquelles Pauwels se projettent, les cartes marines et les
récits de voyage son horizon. Cet amour des embruns, de la jungle et de l’ailleurs
vont de pair avec une empathie profonde pour son prochain, comme ce voisin un
peu simple avec lequel il tisse une relation. Les films rêvés, ce serait une œuvre de Chris Marker, mise en
musique par Gérard Manset, éditée dans la collection Phébus/Libretto.
mercredi 15 août 2018
vendredi 10 août 2018
Neil Young / Under the silver lake
Visionnant UNDER THE SILVER LAKE, et voyant Andrew Garfield se réveiller au petit matin sur la tombe de Janet Gaynor à Los Angeles (au cimetière d'Hollywood), je repensais à ce texte du critique anglais, Neil Young, paru sur Mubi.com, où il relatait sa journée à pied (comme Garfield) dans la ville où l'on ne se déplace qu'en voiture à la recherche de la tombe de Bela Lugosi, quelque part dans un cimetière du côté de Culver City.
https://mubi.com/notebook/posts/no-weapon-formed-against-me-shall-prosper-los-angeles-2015
Le critique parvenait difficilement à la trouver - après avoir cité tous les morts prestigieux hantant le lieu (John Ford, Mary Astor, Sharon Tate...), faute de précision quant à la localisation de la tombe à l'entrée du cimetière.
Après une longue déambulation, il trouvait enfin la tombe à l'aide d'une jeune femme croisée par hasard qui elle aussi la cherchait. C'est d'ailleurs la jeune femme qui prit Neil Young en photo devant la tombe de Bela, le critique n'ayant pas de smartphone.
Et à propos de quel film à votre avis Neil Young et sa rencontre échangèrent-ils devant la tombe de Bella ? et bien de It follows de David Robert Mitchell pardi !
J'aime imaginer que Neil Young et son texte ont inspiré David Robert Mitchell pour écrire ce magnifique Under the silver lake.
Libellés :
Bela Lugosi,
cimetière,
David Robert Mitchell,
Neil Young,
Under the silver lake
jeudi 9 août 2018
Pyramides-year best of 2018
![]() |
La grande pyramide de L'île au trésor de Guillaume Brac |
Visions d’Amérique Le 15h17 pour Paris (Clint Eastwood) / Lady Bird (Greta Gerwig)
A la dérive Wonder
Wheel (Woody Allen) / Seule sur la
plage la nuit (Hong Sang-soo)
Rites Mandy (Panos Cosmatos) bonus : Mom and Dad (Brian Taylor) / Un couteau dans le cœur (Yann Gonzalez)
Quête Under the silver lake (David Robert Mitchell) / L'homme qui tua Don Quichotte (Terry Gilliam)
Quête Under the silver lake (David Robert Mitchell) / L'homme qui tua Don Quichotte (Terry Gilliam)
Au bord de l’eau Mektoub
my love (Abdellatif Kechiche) / L’île au trésor (Guillaume Brac)
![]() |
La pyramide où se cache une oisellerie dans Un couteau dans le cœur |
mercredi 8 août 2018
Le plus beau packaging DVD du monde
Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse dit-on.
Aussi
féru des supports DVD-Blu-ray (on n’a jamais trouvé mieux pour visionner des
films en dehors du cinéma), les packagings vidéo sont rarement du meilleur
effet. Une bibliothèque de livres, c’est beau ; une étagère de DVD, cela
donne un quadrillage chamarré hideux. Oui, il y a bien des
éditions ornées de belles jaquettes. Criterion par exemple, et quelques autres
essaient de rendre leurs visuels artistiques tout en étant sobres. Mais tous, Criterion
y compris, respectent en général le format standard du dvd ou du blu-ray. Quels
sont les éditeurs qui réussissent à utiliser pour variante le format ou la
matière de la boite tout en arrivant à un résultat heureux ? On n’en voit
pas. Entre les packagings trop grands et inrangeables et les tentatives de
diversifier les matériaux aboutissant à
des résultats de série tout à fait quelconques (les fameux SteelBook par
exemple), rares sont les éditeurs donnant l’impression que le chef de produit a
compris le film sur lequel il travaillait et lui donnait une forme reflétant
son contenu.
Et voilà que vient de sortir le plus beau packaging dvd
qu’on ait vu de notre vie - n'ayons pas peur des superlatifs. Il est français, il ne paye pas de mine, il a été conçu par un
petit éditeur, Les mutins de Pangée, éditeur spécialisé dans les documentaires tendance
« luttes sociales ». Il s’agit de la première édition dvd au monde de
Si j’avais 4 dromadaires de Chris
Marker.
Cet étonnant film de montage réalisé en 1966 marque la fin de la période « voyage » de Marker et se présente comme une somme. Il s’agit d’une compilation de 800 photos prises par Marker dans 26 pays au cours des quinze années précédentes. Ces photos sont commentées par leur photographe ("amateur" est-il précisé, incarné vocalement par Pierre Vaneck) et deux amis (Nicolas Yumatov et Catherine Le Couey). Le texte a évidemment été écrit à l’avance par le cinéaste qui nous offre là une sorte de pièce de théâtre radiophonique (ou un commentaire audio avant l’heure). Maître de la sophistication, Marker mêle en plus sur la bande son des impros du saxophoniste Barney Wilen à des pièces expérimentales de la compositrice chinoise Lalan. Film extraordinaire par sa richesse faisant qu’on peut le regarder pour ses photos, pour son texte, pour son tissu sonore, mais qu’il est difficile de faire tout cela à la fois. Un film qui se revoit, plus qu’il ne se voit.
Cet étonnant film de montage réalisé en 1966 marque la fin de la période « voyage » de Marker et se présente comme une somme. Il s’agit d’une compilation de 800 photos prises par Marker dans 26 pays au cours des quinze années précédentes. Ces photos sont commentées par leur photographe ("amateur" est-il précisé, incarné vocalement par Pierre Vaneck) et deux amis (Nicolas Yumatov et Catherine Le Couey). Le texte a évidemment été écrit à l’avance par le cinéaste qui nous offre là une sorte de pièce de théâtre radiophonique (ou un commentaire audio avant l’heure). Maître de la sophistication, Marker mêle en plus sur la bande son des impros du saxophoniste Barney Wilen à des pièces expérimentales de la compositrice chinoise Lalan. Film extraordinaire par sa richesse faisant qu’on peut le regarder pour ses photos, pour son texte, pour son tissu sonore, mais qu’il est difficile de faire tout cela à la fois. Un film qui se revoit, plus qu’il ne se voit.
Revenons en à l’objet lui même. Le disque DVD comporte pour
sérigraphie la spirale du diaphragme d’un appareil photo Rolleifleix (un détail de la première photo du film). Il est placé dans une petite boite carrée, de
la taille du disque. Un couvercle cartonné vient fermer la boite. Sur ce
couvercle est écrit le titre du film et le nom de son réalisateur, visiblement
grâce à un marquage à chaud permettant une gravure élégante et précise de la boite.
Une embrasure est faite à même le couvercle pour découvrir l’intérieur du
packaging. Dans la boite vient s’insérer un dépliant de quatorze pages sur un
papier au grammage conséquent. De chaque côté, sept photos extraites des clichés présentés dans
le film, choisies avec goût. C’est la photo de son choix de l’accordéon qui
apparaît donc dans l’ouverture.
Point de livret de 200 pages en accompagnement ou de bonus de folie, cette édition modeste ne propose "que" le film dans un écrin soigné et classieux, ce qui est totalement dans la lignée des volontés de Chris Marker pour qui les œuvres devaient se suffire. Une édition petite par sa taille mais grande par son esprit.
Point de livret de 200 pages en accompagnement ou de bonus de folie, cette édition modeste ne propose "que" le film dans un écrin soigné et classieux, ce qui est totalement dans la lignée des volontés de Chris Marker pour qui les œuvres devaient se suffire. Une édition petite par sa taille mais grande par son esprit.
***
Rendons à César ce qui lui appartient. Après renseignement auprès de l'éditeur, celui-ci nous a communiqué le générique de ce packaging : "L’idée vient d’Olivier Azam (réalisateur dernièrement du film La Cigale, le corbeau et les poulets , la conception est de Pascal Boucher (réalisateur de Bernard, ni dieu ni chaussettes) et l’objet a été fabriqué avec grand soin par la société MPO !" Merci à Laure Guillot pour ces infos.
Rendons à César ce qui lui appartient. Après renseignement auprès de l'éditeur, celui-ci nous a communiqué le générique de ce packaging : "L’idée vient d’Olivier Azam (réalisateur dernièrement du film La Cigale, le corbeau et les poulets , la conception est de Pascal Boucher (réalisateur de Bernard, ni dieu ni chaussettes) et l’objet a été fabriqué avec grand soin par la société MPO !" Merci à Laure Guillot pour ces infos.
dimanche 29 juillet 2018
Top Chris Marker
n
1. Sans soleil
2. La jetée
3. Le tombeau d’Alexandre
4. Level 5
5. Si j’avais 4 dromadaires
6. Commentaires 1 et 2
7. Le souvenir d’un avenir (avec Yannick Bellon)
8. Immemory
9. Coréennes
10. L’héritage de la chouette
11. Une journée d’Andrei Arsenevitch
12. Le dépays
13. Le coeur net
14. Le fonds de l’air est rouge
15. Description d’un combat
16. Le joli mai
17. Les statues meurent aussi
18. Lettres de Sibérie
19. Staring Back
20. Dimanche à Pekin
21. 2084
22. Regards sur Olympia 52 [de Julien Farraut]
23. Junkopia
24. Chats perchés
25. Casque bleu
26. La 6ème face du Pentagone (avec François Reichenbach)
27. Cuba si !
28. Le mystère Koumiko
29. La solitude du chanteur de fond
30. L’ambassade
31. Getting away with it
32. Mémoire pour Simone
33. Berliner Ballade
34. Passengers
35. Giraudoux par lui même
35. Giraudoux par lui même
36. A.K.
37. Le 20 h dans les camps
37. Le 20 h dans les camps
38. A bientôt j’espère (avec Mario Marret)
39. Un maire au Kosovo
39. Un maire au Kosovo
Non classés car trop volatiles : e-Clip-se, Leila
attacks, Video Haïku, Slon tango, An Owl is an Owl is an Owl, Zoo piece, Chat
écoutant de la musique, Bullfight in Okinawa,Théorie des ensembles, Tokyo days
Non classés parce que visiblement plus dus au co-réalisateur qu'à Marker (quoique) : Vive la baleine !, La renfermée la Corse
Non classés parce que visiblement plus dus au co-réalisateur qu'à Marker (quoique) : Vive la baleine !, La renfermée la Corse
jeudi 19 juillet 2018
Les Vagues
Alors que les films catastrophes sont souvent
métaphysiques, perdant l’homme au cœur d’une nature vaste et infinie le
renvoyant soudainement à sa petitesse, A la dérive reste fermement ancré à l’amour d’un couple dont la vie
commune serait lapidairement résumée à son début et à sa fin. Entre les deux,
les vagues des souvenirs malmènent les âmes tel un ressac violent.
mardi 10 juillet 2018
PHENOMENA / Bloc-notes
(Revoyure de PHENOMENA de Dario Argento au cinéma)
En vrac:
- Argento fut vilipendé par ses fans pour son inclusion racoleuse dans la
bande-son de morceaux de Hard Rock. Mais ils sont utilisés de façon si bizarres,
c’est-à-dire sans raison particulière, qu’ils ajoutent une couche d'étrangeté et de couleur (sonore).
- mémorable est le sweat-shirt Armani que porte l'héroïne Jennifer, avec l’énorme logo
en forme d’aigle de la marque, au dos.
- Jennifer est végétarienne, elle le dit texto. Pas
mal d’avoir pensé à cela dans ce film aussi soucieux des animaux.
- Années 80, décennie du singe ? Sans égaler le duo Link
/ Elisabeth Shue, le duo Jennifer Connely / Inga donne à son film son
magnifique dernier plan offrant un lien sororal entre la jeune fille et l'animal, enfin le calme après la violence. Rêve de fin.
- Faute de cuillère disponible, Jennifer mange son yaourt avec
le manche de sa brosse à dent. Toujours avoir une brosse à dents à portée... de
main.
- Jennifer se fait vomir de façon hyper-réaliste, allant
même jusqu’à boire de plusieurs verres d’eau pour aider à la tâche, puis à grands
coups de doigts au fond de la gorge. Glaçant.
- Un insecte posé sur le bras albâtre de Jennifer Connely
devient soudainement tout excité et produit une sécrétion le rendant tout doux pour montrer son désir pour elle. Zoophilie et pédophilie dans la même scène ? Ces deux concepts sont-ils valables lorsqu'une des deux parties est un insecte ?
- La scène où Jennifer déambule la nuit dans un jardin, guidée par une luciole, et découvre le
gant du tueur caché dans des arbustes ne fait-elle pas partie de ces grandes
scènes suspendues dans le temps pour lesquelles on aime le cinéma ?
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