A bientôt j'espère

(To Chris M.)

jeudi 2 janvier 2020

Top 17 - 2019

 

1. Mektoub my love : Intermezzo (Abdellatif Kechiche) Cannes cut
2.  Star Wars : l'ascension de Skywalker (J.J. Abrams) &
Portrait de la jeune fille en feu (Céline Sciamma)  
3. Degas et moi (Arnaud Des Pallières) 
4. A bread factory (Patrick Wang)
5. Domino (Brian De Palma)
6. Too old to die young (Nicolas Winding Refn)
7. Jeanne (Bruno Dumont)
8. L'amour debout (Michaël Dacheux)
9. L'oeuf dure (Rémi Lange)
10. Glass (M. Night Shyamalan)
11. Un jour de pluie à New York (Woody Allen)
12. Saint-Bernard (Gabriel Bartalos)

 

top 50 2010-2019



HC : The other side of the wind (Orson Welles)

3.       A la Merveille (Terrence Malick)
4.       Twin Peaks le retour (David Lynch)
5.       My movie project (collectif) inclus le sketch inédit The apprentice
6.       Les films rêvés (Eric Pauwels)
7.       Aloha (Cameron Crowe) / en blu-ray avec ouverture et fin alternatives, scènes coupées
8.       Suspiria (Luca Guadagnino)
10.   Suite armoricaine (Pascale Breton)
11.  Twixt (Francis Coppola)
12.   Mektoub my love : Intermezzo (Abdellatif Kechiche) Montage cannois
13.   Maniac (Franck Khalfoun)
14.  La La Land (Damien Chazelle)
15.   Welcome to New York (Abel Ferrara)
16.   Le baiser (Ovidie)
17.   Ceci n’est pas un film (Jafar Panahi, Mojtaba Mirtahmasb)
18.   The Tree of life (Terrence Malick)
19.   L’âge atomique (Héléna Klotz)
20.   A bread factory (Patrick Wang)
21.   The Neon Demon (Nicolas Winding Refn)
22.   Cap Nord (Sandrine Rinaldi) - 2007
23.   Wonder Wheel (Woody Allen)
24.   Cemetery of splendour (Apichatpong Weerasetakhul)
25.   Voyage of time (Terrence Malick)
26.   Paradis : Amour (Ulrich Seidl)
27.   Boarding School (Boaz Yakin)
28.   Dracula (Dario Argento)
29.   CHAPPiE (Neil Bloomkamp)
30.   Le conte de la princesse Kaguya (Isao Takahata)
31.   Il n’y a pas de rapports sexuels (Raphaël Siboni, HPG)
32.   Passion (Brian De Palma)
33.   Un couteau dans le cœur (Yann Gonzalez)
34.   Mercuriales (Virgil Vernier)
35.   Under the silver lake (David Robert Mitchell)
36.   Boyka - un seul deviendra invincible (Todor Chapkanov)
37.   Les chiens errants (Tsaï Ming-liang)
38.  Domino (Brian De Palma)
39.   Un regard neuf sur Olympia 52 (Julien Faraut)
40.   Frankenstein (Bernard Rose)
41.   Love exposure (Sion Sono)
42.  Lux Aeterna (Gaspar Noe)
43.  A Serbian Film (Srdjan Spasojevic)
44.   Eden (Mia Hansen-Love)
45.   Gods of Egypt (Alex Proyas)
46.   It follows (David Robert Mitchell)
47.  Alien : Covenant (Ridley Scott)
48.   Au-delà (Clint Eastwood)
49.  Maps to the stars (David Cronenberg)
50.   Emily Dickinson, a quiet passion (Terrence Davies)
 

Scènes de sexe mémorables (2010-2019)



- Le plan à quatre dans la piscine / Le baiser de Ovidie

- Ophélie menant la danse dans les toilettes de la boîte de nuit / Mektoub my love : Intermezzo d'Abdellatif Kechiche.

- La scène entre Dounia Sichov et Thibault Vinçon dans le gymnase de l'école / Memory Lane, Mikhael Hers

- La "golden shower" inattendue de La danza de la realidad d'Alejandro Jodorowsky

- L'étreinte entre le héros et la naine mexicaine en pleine période de règles dans Poesia sin fin d'Alejandro Jodorowsky

- Le trio Jasmine Arabia, Liza Del Sierra et Mike d'Angelo dans Mangez-moi ! de John B. Root. 

- William Lebris s'ennuyant à simuler une scène de sexe pour la version érotique d'un porno. / Il n'y a pas de rapports sexuels de Raphaël Siboni & Hervé-Pierre Gustave.

- Gégé Depardieu et les deux prostituées dans Welcome to New York d'Abel Ferrara.

- La soirée libertine dans Vénus Noire d'Abdellatif Kechiche

21e siècle





10 films, 1 par réal

1. Knight of Cups (Terrence Malick)
2. INLAND empire (David Lynch)
3. Sex addict (Frank Henenlotter)
4. Steak (Quentin Dupieux)
5. My movie project (collectif)
6. Les films rêvés (Eric Pauwels)
7. Disneyland, mon vieux pays natal (Arnaud Des Pallières)
8. 2046 (Wong Kar-wai)
9. Le souvenir d'un avenir (Chris Marker et Yannick Bellon)
10. Coeurs (Alain Resnais)

 + Lisa et le pilote d'avion (Philippe Barassat) inachevé

mercredi 25 septembre 2019

ANDY de Julien Weill

 


Œuvre attachante que ce Andy. Le film explore crument les affres de notre société : pauvreté, déclassement social, dépression, Alzheimer, violences conjugales, divorce, prostitution, solitude, misère sexuelle... Le réalisateur Julien Weill évite tout pathos et si sa vision est frontale, il amène de l’humour pour rendre ce constat apocalyptique moins insoutenable, avec une légèreté de style assez bluffante (tout ça en moins de 90 minutes).

Le héros éponyme, lointainement inspiré par le Bartleby de Herman Melville selon le réalisateur, refuse de travailler et organise sa vie pour éviter toute confrontation avec le monde de l’emploi. Dans une époque où la « valeur travail » est sans cesse présentée comme une vertu cardinale, Andyvva à l’encontre, et ose présenter sans jugement moral un inadapté à la vie telle qu’on nous demande de la vivre et qui le restera jusqu’à la fin. 

Au cœur du film tout de même, une histoire d’amour délicate et touchante entre notre anti-héros incarné par le charismatique Vincent Elbaz et une jeune femme fragile jouée avec tact par Alice Taglioni. Tous deux apportent chaleur et humanité à ce monde cruel.

 

 

mercredi 10 juillet 2019

BOARDING SCHOOL (L'internat) de Boaz Yakin

 


 L'internat est un film d'horreur. Un des plus malaisants qui soit. N'attendez pourtant pas une horreur confortable, prophylactique, à base de fantômes littéraires ou de cinématographiques jump scares - pour reprendre ce terme que les fans d'épouvante aiment abhorrer. Non, L'internat vient du tréfonds de la psyché humaine et de l'Histoire. On y trouve des rapports humains complexes et perturbants : ici, les parents veulent tuer leurs enfants (ou, à défaut, sont au bord de la dépression parce que leurs progénitures font sans cesse des cauchemars la nuit et plutôt que de les réconforter, préfèrent les envoyer promener. Ah le sommeil sacré...) ; les enfants ne veulent plus entendre parler de leurs parents quand bien même seraient-ils des héros (la mère de Jacob n’adressait plus la parole à sa propre mère avant sa mort) ; de vieilles femmes hantent des cimetières juifs et terrifient les enfants venus rendre hommage à leur défunte grand-mère. Pas de repos pour le Kaddish. L'école est un lieu où les élèves les plus forts agressent les plus faibles (à l'école des villes) et où les professeurs martyrisent leurs élèves (à l'école des champs). L'horreur de L'internat vient de loin : de la Shoah que Boaz Yakin n'hésite pas à utiliser comme un ressort dramatique et qui, pourtant, semble être le cœur de son récit, bien qu’elle soit traitée de façon allusive à travers quelques scènes glaçantes.

Drôle de film que cet Internat, sorte de fable façon Petit Poucet, influencée par Mario Bava cité à travers un extrait de Trois visages de la peur diffusé sur un écran de TV, les comics, Stanley Kubrick et les mouvements de caméra de Shining, les contes de Grimm. L'internat est une parabole sur les victimes à travers le temps, et le film semble nous dire que la meilleure défense face à l'agresseur, c’est l’attaque. N'oublions pas que Boaz Yakin a écrit dans une autre vie le scénario du Punisher version Dolph Lundgren. Mais c’est aussi un film qui prend acte des conséquences de cette violence. Quand, dans un des flash backs situés pendant la Seconde Guerre mondiale, Yakin filme la grand-mère du héros assassinant le nazi qui veut la violer, il ne la représente pas comme une wonder woman triomphante, mais comme une succube presque effrayante. La violence, même légitime et nécessaire, est dépeinte comme sale et difficilement acceptable par l'entourage. D'où peut-être les rapports difficiles que la grand-mère de Jacob entretiendra avec sa fille par la suite. Seule la génération suivante pourra la comprendre à travers un fil relationnel invisible. Allons plus loin, c’est sans doute parce qu’il est invisible que ce fil peut être réactivé.

L'internat pourrait être perçu comme une œuvre fondamentalement belliqueuse si Boaz Yakin ne lui avait donné cette aura féminine puissante. La grande idée du film, inoubliable, une des plus fortes images de l'histoire du cinéma, c'est cet enfant de douze ans, bientôt treize, qui enfile la robe de sa défunte grand-mère et se maquille comme une femme, pour combattre à son tour les forces du mal. Le film ressemble alors à ces contes de fée modernes où les auteurs aiment inverser les genres mais ici il n'y a pas à proprement parler d'inversion, mais plutôt une synthèse de plusieurs personnages : le chevalier et la princesse ne font qu'un. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, L'internat n'est pas tellement un film dans l'air du temps. Il semble au contraire nous venir de la nuit des temps, comme si l'affirmation de son être profond, au-delà des genres sexuels, au-delà des rapports de coercition inévitables que la vie met sur notre passage, était la condition sine qua non de la revendication de sa liberté indivisible.