A bientôt j'espère

(To Chris M.)

mardi 18 juillet 2017

Beaune santé !







Faisant se croiser une trentaine de personnages dans la ville de Beaune durant quelques jours, Lelouch dresse un portrait amusé de l’être humain et ses passions. Le côté ligne clair du récit, son unité de lieu (Beaune) et de temps (la durée d’un festival de musique), n’est pas sans évoquer « Les bijoux de la Castafiore » de Hergé. 

Pourtant, Claude Lelouch a dépassé les 77 ans, l’âge maximal des lecteurs du petit reporter selon la formule consacrée, et derrière la fantaisie et les couleurs, se cache une dimension testamentaire. De nombreuses scènes se déroulent à hôpital, le cancer est omniprésent, la mort rôde. Mais Claude Lelouch, en homme de spectacle, préfère continuer de s’amuser de ce manège enchanté que peut être la vie, combien même devra-t-il s’arrêter après quelques tours (mince, je sors des métaphores à la Lelouch).

Aussi organise-t-il un grand feu d’artifice où la seule règle est qu’il n’y en ait aucune. Comédie, drame, amour, comédie musicale, captation de concerts, Lelouch ne choisit aucun genre et prend tout. N’hésitant pas à être graveleux, ne craignant pas le mauvais goût, n’ayant aucune peur de passer pour un homme du passé n'entendant rien aux mutations de la société, ne cherchant surtout pas à dissimuler une vision profondément réactionnaire voire misanthrope du monde, Lelouch réalise un film réussissant l’exploit d’être dans le même temps funèbre et potache, comme s’il avait choisi de griffonner ses dernières volontés sur les cartes de blagues de cul que Jean-Marie Bigard se délecte à lire à ses patients pour leur redonner le sourire. Film de vieux fou, Chacun sa vie nous l'a pourtant redonné aussi.

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