A bientôt j'espère

(To Chris M.)

mercredi 8 août 2018

Le plus beau packaging DVD du monde


Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse dit-on. 

Aussi féru des supports DVD-Blu-ray (on n’a jamais trouvé mieux pour visionner des films en dehors du cinéma), les packagings vidéo sont rarement du meilleur effet. Une bibliothèque de livres, c’est beau ; une étagère de DVD, cela donne un quadrillage chamarré hideux. Oui, il y a bien des éditions ornées de belles jaquettes. Criterion par exemple, et quelques autres essaient de rendre leurs visuels artistiques tout en étant sobres. Mais tous, Criterion y compris, respectent en général le format standard du dvd ou du blu-ray. Quels sont les éditeurs qui réussissent à utiliser pour variante le format ou la matière de la boite tout en arrivant à un résultat heureux ? On n’en voit pas. Entre les packagings trop grands et inrangeables et les tentatives de diversifier les matériaux  aboutissant à des résultats de série tout à fait quelconques (les fameux SteelBook par exemple), rares sont les éditeurs donnant l’impression que le chef de produit a compris le film sur lequel il travaillait et lui donnait une forme reflétant son contenu.

Et voilà que vient de sortir le plus beau packaging dvd qu’on ait vu de notre vie - n'ayons pas peur des superlatifs. Il est français, il ne paye pas de mine, il a été conçu par un petit éditeur, Les mutins de Pangée, éditeur spécialisé dans les documentaires tendance « luttes sociales ». Il s’agit de la première édition dvd au monde de Si j’avais 4 dromadaires de Chris Marker.

Cet étonnant film de montage réalisé en 1966 marque la fin de la période « voyage » de Marker et se présente comme une somme. Il s’agit d’une compilation de 800 photos prises par Marker dans 26 pays au cours des quinze années précédentes. Ces photos sont commentées par leur photographe ("amateur" est-il précisé, incarné vocalement par Pierre Vaneck) et deux amis (Nicolas Yumatov et Catherine Le Couey). Le texte a évidemment été écrit à l’avance par le cinéaste qui nous offre là une sorte de pièce de théâtre radiophonique (ou un commentaire audio avant l’heure). Maître de la sophistication, Marker mêle en plus sur la bande son des impros du saxophoniste Barney Wilen  à des pièces expérimentales de la compositrice chinoise Lalan. Film extraordinaire par sa richesse faisant qu’on peut le regarder pour ses photos, pour son texte, pour son tissu sonore, mais qu’il est difficile de faire tout cela à la fois. Un film qui se revoit, plus qu’il ne se voit.

Revenons en à l’objet lui même. Le disque DVD comporte pour sérigraphie la spirale du diaphragme d’un appareil photo Rolleifleix (un détail de la première photo du film).  Il est placé dans une petite boite carrée, de la taille du disque. Un couvercle cartonné vient fermer la boite. Sur ce couvercle est écrit le titre du film et le nom de son réalisateur, visiblement grâce à un marquage à chaud permettant une gravure élégante et précise de la boite. Une embrasure est faite à même le couvercle pour découvrir l’intérieur du packaging. Dans la boite vient s’insérer un dépliant de quatorze pages sur un papier au grammage conséquent. De chaque côté, sept photos extraites des clichés présentés dans le film, choisies avec goût. C’est la photo de son choix de l’accordéon qui apparaît donc dans l’ouverture.

Point de livret de 200 pages en accompagnement ou de bonus de folie, cette édition modeste ne propose "que" le film dans un écrin soigné et classieux, ce qui est totalement dans la lignée des volontés de Chris Marker pour qui les œuvres devaient se suffire. Une édition petite par sa taille mais grande par son esprit






***

Rendons à César ce qui lui appartient. Après renseignement auprès de l'éditeur, celui-ci nous a communiqué le générique de ce packaging : "L’idée vient d’Olivier Azam (réalisateur dernièrement du film La Cigale, le corbeau et les poulets , la conception est de Pascal Boucher (réalisateur de Bernard, ni dieu ni chaussettes) et l’objet a été fabriqué avec grand soin par la société MPO !" Merci à Laure Guillot pour ces infos.



dimanche 29 juillet 2018

Top Chris Marker

n



1. Sans soleil
2. La jetée
3. Le tombeau d’Alexandre
4. Level 5
5. Si j’avais 4 dromadaires
6. Commentaires 1 et 2 
7. Le souvenir d’un avenir (avec Yannick Bellon) 
8. Immemory
9. Coréennes
10. L’héritage de la chouette
11. Une journée d’Andrei Arsenevitch
12. Le dépays
13. Le coeur net
14. Le fonds de l’air est rouge
15. Description d’un combat
16. Le joli mai
17. Les statues meurent aussi
18. Lettres de Sibérie
19. Staring Back
20. Dimanche à Pekin
21. 2084
22. Regards sur Olympia 52 [de Julien Farraut]
23. Junkopia
24. Chats perchés
25. Casque bleu
26. La 6ème face du Pentagone (avec François Reichenbach)
27. Cuba si !
28. Le mystère Koumiko
29. La solitude du chanteur de fond
30. L’ambassade
31. Getting away with it
32. Mémoire pour Simone
33. Berliner Ballade
34. Passengers
35. Giraudoux par lui même
36. A.K.
37. Le 20 h dans les camps
38. A bientôt j’espère (avec Mario Marret)
39. Un maire au Kosovo

Non classés car trop volatiles : e-Clip-se, Leila attacks, Video Haïku, Slon tango, An Owl is an Owl is an Owl, Zoo piece, Chat écoutant de la musique, Bullfight in Okinawa,Théorie des ensembles, Tokyo days

Non classés parce que visiblement plus dus au co-réalisateur qu'à Marker (quoique) : Vive la baleine !, La renfermée la Corse

jeudi 19 juillet 2018

Les Vagues


Alors que les films catastrophes sont souvent métaphysiques, perdant l’homme au cœur d’une nature vaste et infinie le renvoyant soudainement à sa petitesse, A la dérive reste fermement ancré à l’amour d’un couple dont la vie commune serait lapidairement résumée à son début et à sa fin. Entre les deux, les vagues des souvenirs malmènent les âmes tel un ressac violent.

mardi 10 juillet 2018

PHENOMENA / Bloc-notes



(Revoyure de PHENOMENA de Dario Argento au cinéma)

En vrac:


- Argento fut vilipendé par ses fans  pour son inclusion racoleuse dans la bande-son de morceaux de Hard Rock. Mais ils sont utilisés de façon si bizarres, c’est-à-dire sans raison particulière, qu’ils ajoutent une couche d'étrangeté et de couleur (sonore).

- mémorable est le sweat-shirt Armani que porte l'héroïne Jennifer, avec l’énorme logo en forme d’aigle de la marque, au dos.  

- Jennifer est végétarienne, elle le dit texto. Pas mal d’avoir pensé à cela dans ce film aussi soucieux des animaux.

- Années 80, décennie du singe ? Sans égaler le duo Link / Elisabeth Shue, le duo Jennifer Connely / Inga donne à son film son magnifique dernier plan offrant un lien sororal entre la jeune fille et l'animal, enfin le calme après la violence. Rêve de fin.

- Faute de cuillère disponible, Jennifer mange son yaourt avec le manche de sa brosse à dent. Toujours avoir une brosse à dents à portée... de main.

- Jennifer se fait vomir de façon hyper-réaliste, allant même jusqu’à boire de plusieurs verres d’eau pour aider à la tâche, puis à grands coups de doigts au fond de la gorge. Glaçant.   

- Un insecte posé sur le bras albâtre de Jennifer Connely devient soudainement tout excité et produit une sécrétion le rendant tout doux pour montrer son désir pour elle. Zoophilie et pédophilie dans la même scène ? Ces deux concepts sont-ils valables lorsqu'une des deux parties est un insecte ?

- La scène où Jennifer déambule la nuit dans un  jardin, guidée par une luciole, et découvre le gant du tueur caché dans des arbustes ne fait-elle pas partie de ces grandes scènes suspendues dans le temps pour lesquelles on aime le cinéma ?


 
Jennifer téléphone maison

mardi 26 juin 2018

LE 15h17 POUR PARIS (Clint Eastwood) / chronique Blu-ray-Dvd



Clint Eastwood et ses acteurs

Le 15h17 pour l'OASIS

"Il y a une différence entre connaître le chemin et arpenter le chemin" Morpheus, Matrix

Sorti sans quasiment de promotion ni projections de presse telle la dernière comédie française avec Christian Clavier, régulièrement considéré comme le pire film sa carrière par ceux qui sont allés le voir en salles, Clint Eastwood s'est rarement fait autant détruire que pour le 15h17 pour Paris. Même le sympathique mais nanardesque La relève ou l'affreux Créance de sang avaient reçu un meilleur accueil en leur temps, et Firefox ou La sanction avaient pour eux l’excuse de l’absence de sérieux. Adapté d'un fait divers survenu à peine trois ans plus tôt, Eastwood donne l'impression de tourner n'importe quoi n'importe comment, quand bien même il n'y aurait rien à raconter si ce n’est de recenser les bonnes nouvelles de l'héroïsme made in USA. Un avion a amerri ? Cela donnera Sully. Un attentat a été évité en Europe par trois Gi’s en vacances ? Cela donnera Le 15h17 pour Paris. D'ailleurs ces deux films aux sujets minimalistes sont aussi les plus courts de sa carrière. 1h37 pour Sully, 1h33 pour Le 15h17.

Un colosse à la pensée agile. Longtemps défendu par ses thuriféraires comme un homme qui aurait injustement été traité de fasciste à une époque où beaucoup d'entre nous n'étaient pas nés, ce sont bizarrement ses œuvres les plus originales et les plus humaines comme Au-delà ou ce 15h17 qui sont accueillies comme des navets de la pire espèce. Evidemment, voir le solide-cinéaste-réalisateur de westerns crépusculaires et de polars musclés filmer une journaliste française projeter d'écrire une biographie de François Mitterrand ou situer son climax dans un salon du livre où Derek Jacoby jouant son propre rôle fait une lecture publique (Au-delà), ou finir son film par un discours in extenso de François Hollande (avec en doublure dos Patrick Braoudé sic) peut avoir quelque chose de déstabilisant. Qui aurait imaginé Dirty Harry ou le Pale Rider s’intéressant un jour à pareils sujets ? Mais c'est la preuve que Eastwood continue de se passionner sincèrement pour le monde dans lequel il vit. Pas mal pour un cinéaste supposé réactionnaire et sénile.  

Close-up Le 15h17 pour Paris relate l’attentat du Thalys empêché par de valeureux soldats américains avec les vrais militaires dans leur propre rôle. Sully montrait les erreurs engendrées par les simulations ; comme pour aller plus loin, Eastwood reconstitue l'événement au plus près de la réalité en engageant les trois héros car il sait que le facteur humain est primordial. Cette décision n’a pas été aussi évidente puisqu’on apprend dans un des suppléments qu’un casting classique a eu lieu avant que Eastwood, sur un coup de tête, décide de les engager (« I like to try crazy things » dit le cinéaste). Entre Rossellini et Kiarostami, Eastwood mélange fiction et documentaire sans attribuer à l’un ou à l’autre une place trop définie. Le réel, nos trois soldats se le prennent en pleine face de leur enfance à leur vie de jeune adulte : entre l’école catholique qui les rejette très vite pour cause d’inadaptabilité, la guerre qui leur est vendue dans des spots publicitaires très différents de l'inaction qui les attend sur place, l’espoir de servir leur pays qui leur est refusé pour des motifs médicaux, Eastwood filme des gens ordinaires sans misérabilisme, sans condescendance, sans cynisme. On n’a pas souvent vu de films sonner aussi « vrai » dans leur description sans fard du quotidien, fait de petites humiliations, d’espoirs déçus et de beaucoup d'ennui. Et que ceux qui voit de la propagande dans ce film me citent une image plus glaçante sur l’Amérique que celle du garçon sortant de son armoire à jouets un arsenal d’armes à air comprimé pour s’amuser avec ses copains en forêt.

V.R. Lorsque les trois soldats en vacances partent visiter l’Europe, ils vont pénétrer un monde ancestral très différent, entre ruines antiques et mythologie, sans doute pour y chercher naïvement de l’authenticité. Cet eurotrip, aussi lent que celui des Lois de l’attraction était rapide, sera tout aussi irréel. Ils vont de cliché en cliché et passent littéralement leur temps à se photographier – perche à selfies à gogo – comme s’ils étaient dans un jeu vidéo immersif, Eastwood nous montrant les joueurs évoluer dans ce jeu à ciel ouvert. Imaginez Le 15h17 pour Paris comme un Ready Player One où jeu et réalité se confondraient et se répondraient sans cesse sans qu’on sache jamais ce qui est vrai et ce qui est virtuel, les deux pouvant l’être en même temps. Comme dans un jeu vidéo, nos héros traverseront des arènes et rencontreront des danseuses trop belles pour eux dans des clubs à Amsterdam. Mais tout n’est pas faux non plus dans ce monde, et ils découvriront par exemple comment l’histoire peut être réécrite du point de vue de celui qui l’enseigne, scène simple mais marquante où nos héros découvrent, via un guide touristique, qui leur donne une vision différente de ce qu’ils tenaient pour acquis, que des mondes différents coexistent sans doute, que la « réalité » est un concept complexe et mouvant. Les héros de Eastwood ne sont pas moins « geeks » que les héros du Spielberg (qui, rappelons-le, produisit Mémoires de nos pères), et eux aussi passent leur temps dans un monde fantasmé, entre jeu vidéo et références cinématographiques (Kubrick est une référence partagée : dans Ready Player One il s'agit de Shining ; dans Le 15h17, un poster de Full Metal Jacket est accroché dans la chambre d’un des héros ; à noter que Eastwood prend acte d'être lui même une icône puisque Alek Skarlatos porte un T-shirt à son effigie dans une scène). Mais ces exercices ludiques (les jeux vidéos, les combats avec armes factices) leur seront tout aussi profitables. Dans cette analogie, le combat final contre le terroriste pourrait avoir la valeur du boss de fin. Mais non seulement Eastwood ne se permettrait pas une comparaison aussi douteuse, mais surtout, cette scène finale à moins valeur d’un accomplissement qu’une remise en cause rétrospective de tous ceux qui avaient refusé de croire en eux (l’école, l’armée). Finalement, si Eastwood a engagé les trois jeunes gens comme acteur, c’est une façon concrète de montrer que lui leur accorde vraiment sa confiance.

Game on La scène de l’attentat est incroyablement brève, sale, filmée sans le moindre ralenti ni le moindre plaisir. Il n’y a même pas de suspense pour l’introduire. La raison d’être du film est filmée a minima. Il faudra d’ailleurs une featurette d’une durée équivalente à la scène (huit minutes) pour entendre, tel un commentaire audio, les héros raconter tout ce qui leur est passé par la tête. Eastwood n’a cure de cette psychologie a posteriori, seuls l’intéressent les actes, mais les actes dans leur contexte. Il aura fallu l’intervention du hasard (qui, à mon sens, n’est pas du tout synonyme de Dieu) pour mettre en valeur leurs compétences. Oeuvre simple et expérimentale, violemment anti-institutions américaines, totalement dénuée de pensée binaire, ouverte aux jeunes et à leurs centres d’intérêt, Le 15h17 pour Paris est un grand film de Clint Eastwood.




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(merci à FAL et Johanna Dayan)

vendredi 27 avril 2018

LE PRIX DU TEMPS (à propos de "Tout L'argent du monde" de Ridley Scott)




Tic, tac tic tac... le temps passe... tic, tac... 

« Si vous connaissiez le temps aussi bien que moi, dit le chapelier de Alice au pays des merveilles, vous sauriez qu’on ne le perd pas, il se perd tout seul ». Ridley Scott, 85 ans passés, lui a décidé d’en gagner. Il travaille frénétiquement, comme réalisateur ou comme producteur, comme s’il voulait nager à contre-courant du temps. Comme s’il fallait faire feux de tout bois pour espérer laisser encore quelques traces pour l’éternité.  

Tout l’argent du monde a été fabriqué dans des délais records. C'est pendant la sortie de Alien : Covenant en avril 2017 que Scott prend connaissance du scénario. Deux mois plus tard, le film entre déjà en tournage pour une date de sortie fixée à Noël de la même année, histoire de devancer la mini-série de Danny Boyle, produite en parallèle, sur le même sujet. Pour ajouter de la complexité à ce planning déjà intenable, Scott trouve le moyen de le rendre encore plus acrobatique : alors que le film est presque terminé et doit être projeté à un festival début novembre, son acteur Kevin Spacey est éclaboussé par un scandale sexuel. Ni une ni deux, le cinéaste coupe court à la polémique qui se profile et décide de remplacer Spacey par Christopher Plummer, et de retourner toutes les scènes concernant le personnage de J.P. Getty, le tout sans bouger la date de sortie. Un exploit logistique tellement insensé qu’il a largement servi de support à la promotion du film. Comme si au fond, il n’y avait pas forcément tant de choses que ça à raconter en dehors de la célébration de l’obstination de Scott. La célérité comme un fin en soi, un art de filmer comme on dirait un art de vivre.

Ridley Scott a beau aller vite, corriger suffisamment vite sa copie pour qu’on ne voit pas les changements, il ne peut pas cacher que le temps a passé. Entre le « montage Spacey » et le « montage Plummer », Getty est passé d’un comédien grimé en vieillard à un vieillard pour de vrai ; Mark Wahlberg joufflu dans les trois quarts de ses plans a les traits creusées dans les scènes retournées ;  une partie de tennis se déroulant sous un temps ensoleillé avec des joueuses en jupette (scène toujours visible dans la bande-annonce) a été remplacée par une séance de ball trap dans une ambiance automnale où tout le monde est chaudement couvert. En français, weather et time ne font qu’un.

Cette rapidité d’exécution trouve également un écho dans la précipitation de plusieurs des personnages. Les kidnappeurs ratent leur enlèvement faute d’avoir réfléchi au fait que cette affaire pourrait prendre plus de temps que prévu. L'enquêteur Fletcher Chase conclut hâtivement à un autokidnapping de Getty Jr. après avoir mené son enquête en six-quatre-deux. 

Le contraire de cette pulsion de vie, combien même aboutirait-elle au désastre, serait la pulsion de mort, figurée par Getty. Ressemblant à un vieux parchemin ridé, il ne vit que pour l’art, « cette botanique de la mort [...] que nous appelons la culture » comme le désignait poétiquement Chris Marker dans Les Statues meurent aussi. Finalement, seuls les avocats ont l’air de tirer leur épingle du jeu, sans doute parce qu’eux savent parler un autre temps que le nôtre, celui du temps judiciaire.

Le temps fait donc son oeuvre, inéluctablement, malgré l’énergie déployée par Scott pour le prendre de cours. Tout l’argent du monde marquera-t-il l’histoire du cinéma comme Alien ou Blade Runner ? Le futur ne s’achète pas, pas plus que l’éternité. Même avec tout l’argent du monde. Il ne nous reste plus qu'à prendre notre mal en patience.                                                                                              

mercredi 21 février 2018

Clint Eastwood vs. Paul Thomas Anderson





Une simplicité aboutissant à une inquiétante étrangeté, un film de propagande qui se teinte pourtant de mille nuances (involontaires ? peut-être...), des personnages sans aspérité mais émouvants, des non-acteurs jouant leur propre rôle sans aucune sophistication mais toujours de façon incarnée, une oeuvre qui a l'air de filer droit et ouvre in fine sur des questions existentielles... 

Le 15h17 pour Paris est l'exact inverse de Phantom Thread.