A bientôt j'espère

(To Chris M.)

mardi 12 mai 2026

THE STRANGERS CHAPTER 3 - Driving with sharks

 

Est-ce parce que Renny Harlin est réalisateur d'un film de requins vaguement culte pour de mauvaises raisons (Deep Blue Sea) ou qu'il vient justement de sortir un nouveau film de requins (Deep Water), mais devant The Strangers Chapter 3 on se prend à penser qu'on est devant un film du genre où les gros poissons auraient été remplacés par des voitures. On a en effet la sensation d'assister à un ballet incessant de véhicules allant et venant, repassant obsessionnellement par les mêmes endroits (comme ce virage à 180 degrés qui permet d'accéder au repaire des tueurs, filmé au moins quatre fois sous le même angle), se suivant, se croisant, se surveillant, glissant sur le bitume et se frayant un chemin dans les forêts comme un squale explore les fonds marins à la recherche d'une proie - ou d'une cache.

Dans The Strangers Chapter 3, tout a l'air de marcher au ralenti même quand les personnages sont motorisés. Les scènes valent souvent moins pour elles-mêmes que pour le rythme languide avec lequel chacun se meut de l'une à l'autre, aussi lent que des déplacements sous-marins.

Détail volontaire ou non, il est amusant que la berline noire des "gentils", à la carrosserie racée, presque animale, soit elle aussi habitée par trois individus : la sœur de Maya, Debbie, le beau-frère George et leur garde du corps (/chauffeur) Markus, ; soit une personnalité robuste et deux plus frêles, miroir du trio d'assassin qui conduit un pick up. 

La scène de la caravane voit Scarecrow utiliser celui-ci pour "attaquer" tandis que le shérif, lui aussi dans sa voiture derrière son volant, regarde la scène à distance, curieux des événements.

C'est d'ailleurs quand Maya est désormais au volant du pick-up  qu'elle se sent soudainement possédée par le désir de répondre en retour. Il fallait qu'elle prenne le volant de la voiture des tueurs pour qu'une force noire s'empare d'elle. Elle aussi fait un virage à 180 degrés, mais ce demi-tour n'est pas filmé latéralement comme lorsqu'il s'agit de montrer les tueurs qui retournent à la maison mais d'un point de vue zenitale ou divin. Peut-être que, pour faire référence au dernier dialogue de Grégory dans l'église, Dieu va se délecter à regarder Maya accomplir sa vengeance ?

Tout le film se déroule ainsi dans une nuit aqueuse, noire comme les abysses, où se croisent les prédateurs aux yeux luisants à l'affut.  

 

INTO THE ABYSS

Dès le premier plan une voiture, celle d'une future victime





Un trio 

Un autre trio




 
 







Demi-tour 

Un des rares plans qui a survécu au premier tournage. Malheureusement, ça se voit, l'image a beaucoup plus de texture que les scènes du tournage additionnel. 

 

 

 

dimanche 10 mai 2026

15 choses favorites dans THE STRANGERS

 (illustrations en cours)

 

 15) et 15 bis) Les tueurs qui pénètrent dans le Airbnb au son de « Nights in white Satin » (Chapitre 1) / le plan séquence à l'hôpital (Chapitre 2).

  

14) Nurse Danika ❤️ (Chapitre 2).

Photo de tournage avec l'actrice Brooke Lena Johnson

13) Maya et Ryan doivent ramper sous la maison pour s’échapper (Chapitre 1). Tension maximale.

 


12) Le plan sur le shérif et les enfants, la nuit, près de la rivière (Chapitre 3).

  


11) L’extraordinaire montage dans la voiture où Maya se sent inquiétée par tous les passagers (Chapitre 2). Monteuse : Michelle Harrison.

 


10) Maya doit se cacher dans la morgue auprès du corps de son fiancé. Un dernier adieu, d’entre les morts (Chapitre 2).  

 


 

 9) Ryan qui va commander un burger à un food truck tandis que les habitants sont installés dehors en terrasse. Il fait bon vivre à Venus ! La promesse d’un film qu’on ne verra jamais, celui qui montre la vie quotidienne de la petite communauté (Chapitre 1).

 


 8) Le plan d’un cheval qui galope la nuit, sous la pluie, dans un enclos près d'une l’écurie (Chapitre 2). Je ne savais pas que j'aimais voir des chevaux galoper sous la pluie la nuit. 

 

Visiblement tourné pendant les reshoots. Pourquoi ? 

7)  La scène de l’église pour l’idée que le tueur se dévoile ainsi sans aucun effet de manche, pour les dialogues presque dignes du théâtre de l'absurde, pour la beauté de l’église, à l’intérieur et surtout à l’extérieur (les deux plans avec Maya qui entre et qui sort) (Chapitre 3).

 



6) La scène du motel où Maya tue d’abord Doll Face et doit commettre un meurtre. On ne rigole plus + la scène qui suit où Scarecrow et Maya sont dans le pick up et tracent leur route tandis que rugit sur la bande son Crazy on you de Heart. Absolute Cinema. (Chapitre 3).

5) Les ongles dorés de Maya. Dans une interview (sur Tik Tok), une journaliste lui posait une questions sur ses ongles impeccablement manucurés malgré les épreuves, et la comédienne répondit quelque chose comme « Dans les films d’horreur, les filles n’ont jamais leurs ongles faits, ce n’est pas absolument crédible ! ». (Ongles vus dans les trois chapitres mais plus spécialement le Chapitre 2).


 4)  Maya attaquée par un sanglier. Le surgissement inattendu. Retour à l’instinct primaire. La première mise à mort pour Maya. (Chapitre 2).

Photo de tournage

3) Les arbres, les feuilles, les couleurs qui surgissent lors de la poursuite en forêt à la lumière monochrome et brumeuse. La chevelure rousse de Maya, particulièrement dans les bois lorsqu'elle se cache sous des feuilles. Le lyrisme élégiaque des plans. Les ruines d'un ancien bâtiment. Ryan qui met en joue une Pin-Up girl gigotante et provocatrice.

Big up au chef op Jose David Montero. Si vous tournez un slasher forestier, embauchez-le. (Chapitre 1).




 2) Maya qui se regarde dans la glace et découvre choquée son corps tuméfié (Chapitre 2). 

 



1) L’étreinte finale entre Maya et Greg (Chapitre 3). Dans mon Panthéon des meilleures scènes de fin de l'histoire du monde cinéma.

 


 

 

vendredi 8 mai 2026

THE STRANGERS : la scierie



Alors que The Strangers a été tourné en Slovaquie à l’automne 2022, les reshoots massives qui ont eu lieu en mars 2025 ont eu lieu sur le continent américain, au Canada, en Ontario non loin des chutes du Niagara. Outre plusieurs scènes de forêt censées raccorder avec la forêt Slovaque, trois lieux principaux ont été utilisés : un motel (où se déroulent trois scènes), une église au milieu de la forêt (une scène) et une scierie(deux scènes) où les tueurs viennent réduire en miettes les corps de leurs victimes. Ces nouveaux lieux cassent l’unité esthétique de la ville de Venus telle qu’entraperçue dans les deux premiers chapitres mais l’originalité de ces endroits enrichit considérablement la saga tant ils donnent à rêver (et envie de les visiter !).

 

La scierie

Le premier plan où on la voit est impressionnant : une contre-plongée sur une longue passerelle en hauteur qui permet visiblement de transporter des marchandises de la route au bâtiment qui est en surplomb. Filmé latéralement, Scarecrow tire un chariot sur lequel est couchée à Maya. On raccorde avec un plan à l’intérieur du bâtiment où on voit de face Scarecrow arriver à l’intérieur (c’était un des plans choisis dans le petit montage à la fin du chapitre 2 pour annoncer le chapitre suivant). On voir des bijoux trainés là, sans doute ceux des précédentes victimes des tueurs. Scaracrow met ensuite dans une machine à broyer le corps de Shelly.

Cette scierie est une vraie scierie, tout juste ornée d’un panneau OREGON pour le tournage. 

Elle appartient à la famille Woodley qui en est propriétaire depuis 1870 ! Elle utilise l’énergie hydraulique pour fonctionner depuis son origine. Elle est située juste à côté d’un cours d’eau (qu’on voit à l’écran).

L’intérieur du film ressemble furieusement au vrai intérieur, et les décorateurs se sont visiblement très inspirés du lieu original. Et ils ont filmé dedans sans recourir au studio, donnant une patine réaliste à la scène.

On vous encourage à aller sur ce site d’un internaute qui a visité la scierie (mais rien à voir le film, ce texte a été écrit avant).

https://2oldguyswalking.wordpress.com/2017/11/15/woodleys-heritage-sawmill/

 

photo prise sur le site : https://2oldguyswalking.wordpress.com/2017/11/15/woodleys-heritage-sawmill/


Perle absolue : sur Instagram, un Canadien visiblement membre de l’équipe technique sur les reshoots a posté un document précieux : 3 minutes de B-roll dans la scierie et les environs filmées en 16mm ! C’est tout simplement sublime. A tel point, que dès que je pense au film et aux scènes qui se déroulent là, ces précieuses minutes granuleuses et filmées en plein jour me semblent faire partie intégrante de l’œuvre (au moins dans mon esprit).  

Kris Finn a visiblement filmé le décor en train d’être préparé, pas le tournage à proprement parlé : on ne voit ni caméra ni acteur. Par contre, on voit brièvement Renny Harlin mimer une scène, agenouillé dans la forêt ; il s’agit visiblement d’une répétition du moment où le petit Gregory (sic) va tuer un jeune promeneur -scène visiblement tournée à côté du cours d’eau qui fournit son énergie à la scierie.  

Compte : finniphoto

https://www.instagram.com/p/DVVzWcOkcIg/


« Il y a un peu moins d'un an, je faisais partie de l'équipe de retournage du chapitre 3. Ça devait concerner le tournage de quelques scènes avant que ça devienne un nouveau long-métrage à part entière (enfin, ils ont gardé 6 minutes du premier tournage donc on doit être à plus 96% retourné), et l'un des endroits fantastiques était aussi vieux et merveilleux Wood Mill, près de Bowmanville ».

La deuxième scène où on voit la scierie est celle où Markus, le garde du corps de Debbie et George, se fait abattre par le shérif. Le décor naturel est un peu moins bien exploité que dans la première scène.




Localisation : https://maps.app.goo.gl/i9afstUFwxxZBJQ7A



jeudi 7 mai 2026

Note d’intention du réalisateur Renny Harlin sur THE STRANGERS

 

 
 
 
"Pendant que les enfants regardaient des dessins animés et des films d’aventure, ma mère, cinéphile, m’a fait découvrir très jeune les œuvres d’Hitchcock.

J'étais également un lecteur vorace, qui se plongeait dans les œuvres d'Edgar Allan Poe, de Sir Arthur Conan Doyle et de Jules Verne. Leurs histoires mystérieuses qui se transformaient souvent en cauchemars grâce à mon imagination étaient le carburant de ma créativité.

J'ai écrit mes propres histoires macabres et horrifiques, les mettant en images sous forme de bandes-dessinées que je dessinais moi-même, les transposant en pièces radiophoniques ou en films amateurs, provoquant des cris de terreur chez les enfants du quartier.

Quand j’ai réalisé, à l’âge de 12 ans, que je pouvais m’emparer de tout ce que j’aimais dans les histoires tordues et leurs personnages torturés et les transformer en art et en divertissement à travers le cinéma, j’ai su que je devais devenir réalisateur.

J’ai eu la chance de pouvoir réaliser mon plus grand rêve dans la vie.

Au cours de ma carrière, j’ai réalisé différents types de films d’horreur et de thrillers, aux budgets plus ou moins élévés, et même expérimenter en y injectant de l’humour.

Ce qui m'a toujours attiré, c'est l'opportunité d'explorer le côté obscur de la vie, d'aller dans des endroits étranges et interdits et de choquer le public en lui proposant des choses inattendues. Nous avons tous nos propres peurs et nos phobies, souvent façonnées par nos premières expériences dans le monde : l'obscurité qui se cache derrière nos fenêtres, le sentiment d'être vulnérable au monde qui nous entoure et de ne pas parvenir à maîtriser les conséquences d'une situation menaçante. Tout au long de l’histoire de la littérature et du cinéma, la sexualité a également été un ingrédient indissociable de ces fantasmes et cauchemars effrayants. A la fin, cela se résume à la survie du plus fort, à vaincre la mort et à surmonter ses pires terreurs.

La disparition des films en tant qu’expérience à vivre dans une salle a été annoncée décennie après décennie, depuis l’invention de la télévision dans les années 1940. Dans le monde du divertissement actuel, le défi consistant à attirer le public vers les salles de cinéma pourrait être plus le plus grand qu’on ait jamais eu à relever. Les milliers de films proposés chaque soir via les services de streaming ont monté le niveau d’exigence pour qu'un cinéphile moyen ait l’envie de rejoindre ses amis ou sa famille, prendre sa voiture, se garer, acheter des billets, dépenser de l'argent en boissons et en snaking, et s’assurer, à la fin que l'effort en valait la peine, en comparaison de rester à la maison sur le canapé, à surfer sur l’océan des offres.

Mais quel que soit le futur de la distribution en salle, je crois que le meilleur exemple d’expérience à vivre absolument dans un cinéma est peut-être celui de voir des films d’horreur.

Je crois que les gens sont attirés par les films sombres et terrifiants depuis plus de 100 ans pour la simple raison que nous voulons tous ressentir quelque chose lorsque nous consommons du divertissement. Et nous recherchons tous l’expérience thérapeutique consistant à affronter nos pires terreurs, les plus sombres et les plus secrètes, dans l’environnement sûr d’une salle de cinéma. Nous pouvons crier, pleurer, cacher nos yeux ou même rire des scènes terrifiantes qui se déroulent devant nous. Dans une salle de cinéma, tout est expérience communautaire. Nous sommes ensemble avec notre famille, nos amis ou des inconnus, confessant nos peurs les plus profondes sur l'autel du grand écran, et rien de mal ne peut nous arriver. Ensuite, nous pouvons en sortir indemnes, débattre de notre expérience, partager nos opinions, en rire et ressentir la libération. C'est comme se réveiller d'un cauchemar et savoir que tout va bien.

Il y a quelques films d’horreur classiques qui m’ont marqué au fil des années. À commencer par Psychose et Rosemary’s Baby, en passant par Ne vous retournez pas, Shining et Alien, certains films réécrivent les règles du jeu et vous surprennent avec une nouvelle approche qui vous divertit au-delà de vos attentes.

Quand j’ai vu le film original de Bryan Bertino, The Strangers, il y a plus de 15 ans, je ne savais pas à quoi m’attendre. Le film m’a pris par surprise en éliminant tout contexte ou mythologie derrière le terrifiant concept de « home invasion » (intrusion au domicile). C’est un des pires cauchemars auquel on puisse penser.

Liv Tyler et Scott Speedman ont été victimes de tueurs brutaux simplement parce qu'ils étaient à la maison ce soir-là. Un acte de violence complètement gratuit provoquant une terreur insensée. Ce film est resté un de mes films d'horreur préférés. Si simple et pourtant si terrifiant.

Lorsqu’on m’a envoyé le scénario de la série de films The Strangers, j’étais à la fois ravi et intimidé. Que pourrais-je faire avec ce classique pour communiquer aux fans originaux le même frisson que j'ai vécu avec eux à et leur offrir simultanément – ​​ainsi qu'à la nouvelle génération de cinéphiles – quelque chose de nouveau et surprenant ? Mon premier indice est venu lorsque j'ai ouvert le fichier du scénario, au lieu des 95 pages habituelles, le scénario comptait 278 pages.

Ce n’était pas un film d’horreur ordinaire. Ce n'était pas un remake, ni une préquelle ou une suite de l'original. C’était une opportunité incroyable de faire quelque chose de complètement révolutionnaire.

C'était une immense saga d'horreur, divisée en trois chapitres. Les producteurs voulaient se concentrer sur ce qui s’était passé le lendemain, à la fin du film original de 2008. Nous avons donc commencé avec le chapitre 1, qui ressemble vraiment au premier acte d’un film normal. Nous ne voulions pas refaire ce que nous pensions tous être un grand film, alors que l’essence de l’histoire devait être inspirée par des circonstances similaires afin de construire l’arc narratif logique de tout le voyage. Nous avons apporté plusieurs modifications et personnalisé le chapitre 1 pour qu'il serve notre plus grande histoire divisée en trois chapitres.

Nos trois chapitres de The Strangers emmènent le public dans un voyage inattendu dans l'esprit des auteurs de crimes violents et de leurs victimes.

Nous avons cherché longtemps et avec acharnement notre Scream Queen. Lorsque nous avons discuté avec Madelaine Petsch (Riverdale), il est devenu clair qu'elle possédait non seulement le talent nécessaire pour incarner de manière convaincante notre héroïne, mais que son intelligence, sa force, sa vulnérabilité et son endurance étaient des ingrédients dont nous ne pouvions nous passer. Elle est devenue notre partenaire de crime, et elle n’a jamais lâché tout au long de cette tâche exténuante qui consistait à tourner trois films simultanément. Son engagement brille au premier plan de notre saga en trois chapitres.

Froy Gutierrez (Teen Wolf, Cruel Summer) a été une autre trouvaille inespérée pour nous. Un jeune et exceptionnel acteur passionné par son métier. L’alchimie de Madelaine et Froy est le moteur des Intrus et des chapitres qui suivent.

Le casting des Strangers eux-mêmes était tout aussi important que le choix du reste du casting. Ce ne sont pas des robots, des fous masqués. Ce sont des personnages complexes dont chacun de leurs mouvements, expressions et actes reflète les fils et thèmes les plus profonds des trois films. Je suis fier de dire que nous a trouvé des acteurs qui continueront à surprendre le public avec leurs personnages tout au long de ce voyage dans l'obscurité provoquant un effroi sans fin ".