A bientôt j'espère

(To Chris M.)

lundi 15 septembre 2014

"L’ institutrice" de Nadav Lapid




Spoiler. Voyant que personne ne sera là pour cultiver le don de l’enfant poète, l’institutrice enlève le petit garçon et l’emmène avec lui. Ils logent momentanément dans un hôtel en bord de mer.  Elle est très douce avec lui et s’en occupe comme une mère. Mais l’enfant se rend très vite compte de l’anormalité de la situation. Alors qu’elle prend sa douche, il l’enferme dans la salle de bain en fermant le verrou de l’extérieur, et appelle la police. 

Un verrou situé à l’extérieur d’une salle de bain ? Est-ce bien crédible comme configuration ? On sait que les bâtiments regorgent souvent d’aberration de construction, peut-être qu’il existe des salles de bain dans des hôtels dont le verrou a été posé à l’extérieur au lieu d’à l’intérieur. C’est possible. Mais que le dénouement final repose sur une telle aberration pratique est quand même problématique. Surtout que cela donne lieu à un suspense agaçant où le petit garçon monte sur une chaise près de la fenêtre (ils sont au 3ème étage du bâtiment) pour voir à l’extérieur, à la recherche d’indice à donner à la police pour les localiser. Tombera-t-il ? Tombera-t-il pas ? Cette scène est symptomatique d’un film qui joue le retenu et le mystère de façon  arbitraire, et en se gêne pas pour user de ficelles grossières tout en tenant bien à distance la dimension thriller dans laquelle il aurait pu s’engouffrer. Trop vulgaire sans doute. 

Film antipathique par bien des aspects, L’institutrice a quand même pour lui une scène de club assez démente. Invitée à danser avec un jeune homme amateur de poésie et sa copine, les trois se lancent dans une chorégraphie incongrue (ils font des mouvements hystériques avec leurs bras de haut en bas) et endiablée sur la piste de danse. Elle, tout en retenu depuis le début du film, s’agite dans tous les sens, au son du beat électro. Alors que les deux amoureux se rapprochent, la femme, suivie par la caméra, va à l’autre bout de la pièce et continue seule sa chorégraphie. La meilleure scène de club comico-dansante depuis Une nuit au Roxbury (si on ajoute que la scène finale est rythmée par le Bailando de Bellini, on vote pour que Nadav Lapid réalise Sexy Dance 6)

Notes :
-          * La caméra est si proche des personnages, qu’à deux reprises,  des acteurs la bouscule accidentellement.
-     * La teneur des chants patriotiques qu’apprennent les enfants dans leur école maternelle fait frémir.

mercredi 10 septembre 2014

"La fille de Starfix" d'Hélène Merrick



« La Chaleur humaine » (Bertrand Betsch)

Starfix, c'est évidemment Christophe Gans, FAL, Nicolas Boukrief, François Cognard, Christophe Lemaire, Doug Headline...  mais Starfix, c'est aussi Hélène Merrick. Hélène Merrick fut une des membres de la fameuse revue à la plume sans doute plus discrète que ses comparses. Elle n'avait pas la faconde méridionale de Gans, la froideur réfléchie de Boukrief, la folie de Cognard, l'humour de Lemaire, la rigueur analytique-professorale-pince-sans-rire de FAL et pourtant, c'était une des plumes les plus attachantes de la revue. Hélène Merrick avait pour elle un éclectisme assez incroyable. Elle pouvait faire un feuillet énamouré sur L'amour par terre (« C’est bon ») de Jacques Rivette  tout en adorant Rambo 2 (pour lequel elle avait mis, si nos souvenirs sont bons, un "4"-  la meilleure note - dans le tableau de cotation).  Elle exprimait son enthousiasme pour John Water ou Russ Meyer, tout en adorant Dolph Lundgren et Jean-Claude Van Damme (amour qu'elle développera dans la défunte et ultra sympathique revue Ciné-News). Hélène Merrick était une des femmes de Starfix, pas la seule, il y eut Guilaine Chenu, Catherine Esway, la photographe Marianne Rosenstiehl a.k.a Felix Glass, Claire Paillocher, la directrice artistique Paola Boileau, Nancy Guion sans oublier Madame FAL, Claire Sorel, mais elle fut la plus marquante, celle qui traversa (quasiment) toute l'histoire de la revue. Hélène Merrick était "La fille de Starfix".

Hélène Merrick, pigiste multi supports, publie aujourd'hui un livre qui porte ce titre (*) et narre ses souvenirs de l'aventure Starfix. La journaliste qui porte le même nom que le personnage d’Elephant Man (on apprend d’ailleurs que ce nom est en fait un pseudonyme choisi en référence à l’homme-éléphant !) débute son texte par un long prologue narrant sa collaboration à Métal Hurlant, époque Dionnet et Manoeuvre. Car ce livre, c'est aussi une histoire de la presse cinéma des années 80. Mélange d'anecdotes cocasses et de souvenirs nostalgiques sans réelle continuité temporelle (les flashforwards sont nombreux),  Hélène Merrick fait preuve de bienveillance et de chaleur humaine dans sa description de l'époque. Elle se refuse à dire du mal de qui que ce soit (ou presque, les seuls en prenant vraiment pour leur grade étant Andrzej Zulawski et Sophie Marceau, pourtant un couple mythique dans l'histoire de la revue), préférant raconter de façon émerveillée, presque naïve -que dans cet adjectif ne soit  rien perçu d’autre qu'un compliment sincère. Hélène Merrick n'a pas oublié la surprise et la tension d'assister pour la première fois à une projection privée (comment se comporter avec l'attaché de presse ?), le bonheur de voir un article publié, l'effondrement au contraire devant un texte qui ne paraitra finalement jamais et la honte occasionné vis à vis des gens qui ont pu être impliqués dans la conception de ce texte. C'est peut être bête à dire,  mais cet attachement  à des choses aussi simples que la considération et la gentillesse, ne sont finalement pas si fréquentes, et tout son texte transpire ces qualités, comme c’était le cas de ses articles.


Hélène Merrick est aussi une grande sentimentale, n'a-t-elle pas écrit un ouvrage consacré à Elisabeth Taylor ?, et son texte regorge de ses joies (assister à une réunion entre ami) et de ses peines (lorsqu'elle ne se reconnait plus dans le journal qui était pourtant devenu sa famille). Il est émouvant, pour le lecteur fanatique de la revue, de constater que ce qu'il ressentait à l'époque en lisant chaque mois son magazine préféré, était bien le reflet de ce qui se passait à l'intérieur de la revue. Comme Hélène Merrick, nous fumes déçus du départ -partiel- en 1987 de Christophe Gans, occasion d’un changement de formule d’un goût douteux (avec l’introduction des fiches cuisines). Comme Hélène Merrick, nous ne comprimes pas très bien les changements de rédaction en chef incessants dans la période 1989-1990 provoquant un contenu qui avait du mal à trouver une ligne directrice forte. Comme Hélène Merrick nous n’aimions pas quand le magazine était en grande partie rédigé par de nouvelles plumes, de plus en plus nombreuses, diluant l’identité du magazine. Comme Hélène Merrick, nous avons ressenti parfois un certain malaise devant les textes de Nicolas Boukrief qui devenaient de plus en noirs, voire nihilistes dans les derniers mois (Hélène Merrick a publié à la fin de son texte les commentaires de ses collègues à propos du livre, les explications de Nicolas Bouk(h)rief concernant cette dernière période sont particulièrement sensibles).  


Mais c’est aussi pour ça que nous aimions Starfix. Ce n’était pas simplement une revue de cinéma, nous la lisions moins au fil du temps pour entendre parler de film que lire ce que des gens que nous aimions, sans les connaître, avaient à nous dire.  Hélène Merrick décrit avec chaleur ses anciens collègues et amis. Les lignes consacrées à Christophe Gans sont parmi les plus émouvantes qu’ils nous aient été donné à lire à son propos. Cinéphile grande gueule, puit de culture, intimidant, Christophe Gans est une personnalité difficile à percer tant sa cinéphilie donne l’impression d’être un paravent, un paravent, que dis-je ! , un bouclier, un rempart, une forteresse pour masquer une pudeur extrême. Hélène Merrick dresse effectivement le portrait d’un garçon passionné, exalté, mais toujours juste et respectueux de ses collaborateurs.  

A la fin d’Elephant Man, son homonyme John Merrick concluait « My life is full because I know I am loved ». Que la belle Hélène considère elle aussi la sienne comme remplie. 

*****
(*) La Fille de Starfix est disponible en édition électronique chez amazon. Hélène Merrick nous a malheureusement obligé à rompre notre engagement moral de ne plus jamais commander quoique ce soit chez ces voleurs fiscaux.

lundi 8 septembre 2014

"New York City Inferno" de Marvin Merkins (Jacques Scandelari).





Plongée dans les milieux gays underground à New York au milieu des années 70, le titre laisse présager des visions infernales. Ce qu’il ne manquera pas de nous donner, on y reviendra, mais l’ouverture, où le héros débarque à l’aéroport de JF Kennedy,  affublé d’un cocasse et affreux manteau de fourrure, montre que ce film ne manquera pas non plus d’humour.
Un panneau introductif met en place la situation. En Juin, Paul a quitté Paris, et Jérôme, l’homme à la fourrure, pour aller à New York passer une semaine. Tous les jours, il écrit à son compagnon pour lui raconter le choc culturel qu’il éprouve là-bas. N’oublions pas, qu’au milieu des années 70, l‘homosexualité est interdite en France. Alors qu’il doit rentrer, il écrit à Jérôme pour lui dire qu’il ne reviendra pas, préférant rester là-bas. Six mois plus tard, en décembre, Jérôme rejoint New York à son tour, les lettres de son ami en poches, pour tenter de comprendre l’expérience qui a changé la vie de Paul. Le film se déroule sur une semaine, chaque jour étant scandé par une lettre de Paul (lettres lues en anglais… Paul serait-il anglo-saxon ?  le film ne répond pas à cette question).
Moustache réglementaire et physique massif, Jérôme prend le taxi et échange avec le chauffeur, qui se touche l’entre jambe en regardant dans son rétroviseur le français. Il invite rapidement son passager à venir s’asseoir devant. La discussion embraye– en français, le chauffeur ayant fait, apprend on de sa bouche, des études de médecine en Belgique - sur les lieux de drague homo, dans le « Village » (Greenwich Village). On y trouve même des salles « dans lesquelles  des hommes se retrouvent autour d’une baignoire », parce que c’est « plus propre ». Pendant ce temps, défilent des vues de New York. Cut. Dans un entrepôt de stockage de viande (on ne saura pas comment ils sont arrivés là), Jérôme et le chauffeur, nus, font l’amour entre les carcasses de viande suspendues au plafond ou des restes jonchant le sol. Comme une façon de prendre au pied de la lettre ceux voyant la pornographie comme un étalage de barbaque. Le film aimera bien jouer  tout du long de la tautologie, comme quand la caméra cadre des graffitis avec inscrits «FUCK sur les murs pendant les séquence de baise. La séquence est musclée, les deux hommes se fistant d’entrée de jeu.
Le film continuera sur ce mode déambulatoire. Jérôme arpente les quais, et zone dans des bâtiments désaffectés, jonchés d’étraves de bois,  cruisent  policier stéréotypé (casquettes, lunettes noires, moustaches, matraque tenue bien fermement) et gay en recherche de plaisir oral. Dans les toilettes d’une salle de billard, des hommes attendent assis sur les chiottes, le sexe bandant à la main qu’on vienne les satisfaire.  
On ne l’a pas dit, mais la musique est signée Henri Morelli, le co-fondateur du Village People. L’intégralité du premier album du groupe sature d’ailleurs la bande- son , les morceaux étant passés in extenso. Ca fait mal aux oreilles, c’est insupportable, mais cette musique criarde et hystériquement joyeuse  plaquées sur des séquences sauvages dans lesquelles les acteurs ne semblent éprouver aucune émotion, finit par créer une ambiance quasi hypnotique.
Le film est un documentaire saisissant sur ce quartier à l’époque. Le réalisateur prend le temps de s’attarder, notamment dans une séquence chez un tatoueur, où Jerome entame la conversation avec une jeune femme venue se faire tatouer, expliquant sa passion pour la vie nocturne new yorkaise et pour les gays, qui sont l’essentiel de ses amis, parce qu’ils savent faire la fête et ont de l’esprit.
Le film a été réalisé par Marvin Merkins, le pseudonyme de Jacques Scandelari. Etrange de prendre un pseudo alors que Scandelari signe au générique de son vrai nom le scénario. Le reste de l’équipe technique utilise visiblement sa vraie identité puisqu’on y trouve le désormais prestigieux mixeur Dominique Hennequin,  ainsi que l’ineffable François About à la caméra. 



Chef opérateur talentueux, François About a signé la photo de La maison des bois de Maurice Pialat et des films de Philippe Valois (Nous étions un seul homme, Johan ), avant de ne plus tourner dans les années 70 et 80 pratiquement que du X (homo ou hétéro). Cadreur de génie, la réussite du film lui doit énormément, le film regorgeant de plans incroyables, comme ce mouvement arrière dans la largeur d’un appartement laissant deux amants finir de s’éteindre en fond de cadre tandis qu’on découvre au premier plan, sur une commode, un chat regardant de façon désintéressée la scène. Son grand tour de force reste évidemment l’avant dernière scène. Dans une grande pièce vide, une sorte d’échafaudage en bois est fabriqué. Sur la scène, une jeune femme brune (une poétesse-rockeuse, Camille O’GRady) micro à la main. Elle est accompagnée d’un batteur et d’une personne au clavier. S’en suit un morceau psychédélique d’une dizaine de minutes.  Partout dans la salle, des dizaines d’homos se fistent, se fouettent, se tiennent en laisse, se sucent, se touchent. C’est une gigantesque baise rythmée par les cris de la chanteuse et un clavier devenu fou. La caméra saisit des angles bizarres et se faufilent au milieu des corps enchevêtrés avec aisance. A la fin de la scène, Jerôme, retrouve son ancien amour, Paul, dominé par un autre.
Le film se termine sur une scène de sexe à trois, entre Jérome, Paul et le maître de Paul (« Tu devras devenir le maitre de son  maître pour le récupérer » lui avait dit une sorte d’oracle barbu le guidant dans la nuit new yorkaise). A la fin, Jerôme retrouve son manteau de fourrure , l’aéroport JFK, mais il retourne à Paris avec son petit ami.
La puissance documentaire du film confère au film une ambiance à la lisière du fantastique tant on a du mal à croire ce qu’on voit.

A la projection du film au Forum des Images, pendant L’étrange Festival, François About était présent.
Il expliqua que le film fut conçu comme un documentaire, lui filmant ce qui se présentait. La longue séquence psychédélique finale ne fut pas préparée. C’était là, et l’équipe a filmé.
François about explique qu’il eut la confiance des gens parce qu’il était venu quelques temps à New York avant, afin de repérer les lieux. Quand ils sont venus pour tourner, les participants étaient en confiance.
Selon lui, le réalisateur préférait draguer que s’occuper du film et lui laissait carte blanche. François About : « Scandelari m’a dit « filme, j’assurerai au montage » », ce à quoi About ajoute qu’ « il a effectivement assuré ! ».
William Friedkin aurait demandé à voir le film (pendant la préparation de Cruising ? ou peut être ce film lui donne l’idée de faire Cruising).

mercredi 3 septembre 2014

Colt 45 de Fabrice Du Welz





Tendu comme un arc ce Colt 45. Le film s’ouvre le jeune héros du film, un policier surdoué au tir au pistolet, mais préférant garder ce « don » pour son plaisir personnel, malgré une offre alléchante émanant de mi-litaires mi-barbouzes. Le film s’achève, 1h25 plus tard, sur le même personnage, transformé, cassé, prêt vraisemblablement à offrir ses services à ces hommes de l’ombre.  Entre les deux, un film étrange, où sur un arrière-plan de polar à la française façon Olivier Marshall (à base de  flics quinquas au regard bovin) se superpose un thriller mental voyant le délitement psychologique du jeune héros, incarné par un formidable Yamanol Perset.  Désavoué par son réal, sorti en plein été sans promo deux ans après son tournage, le film a sans doute souffert de ses problèmes de production (*). Si l’on ne saura sans doute jamais à quoi aurait dû ressembler la version de Fabrice Du Welz, on peut admirer ce sens de l’ellipse et la précision avec laquelle la situation complexe est mise en place en un minimum de temps (le scénario original est signé Fathi Beddiar, adapté par Du Welz). Et si le temps de présence incongru de certains acteurs (Alice Taglioni doit apparaitre deux minutes) laisse penser que des scènes ont disparu, le film est pourtant très clair et sans béances scénaristiques (je n’ai pas dit sans invraisemblance). Série B inventive, avec une utilisation remarquable des extérieurs parisiens ou de la banlieue, Colt 45 est un portrait saisissant du délitement psychologique d’un jeune homme, abandonnant ses illusions au fur et à mesure que son monde déjà branlant s’effondre.   


(*) Le conflit se serait déclaré sur le tournage entre le réalisateur et JoeyStarr, ce dernier refusant de continuer à tourner avec le cinéaste belge. Frédéric Forestier, l’homme de main du producteur Thomas Langmann, aurait tourné quelques scènes pour finir le film (il est remercié au générique de fin). Sauf erreur de ma part, aucun monteur n’est crédité au générique, uniquement des monteurs additionnels dans le déroulant final.  

lundi 1 septembre 2014

Le conte de la Princesse Kaguya d'Isao Takahata




Changeant de style pour chaque film, Isao Takahata a choisi une forme convoquant l’estampe et la peinture à l’aquarelle. En résulte une suite de tableaux légèrement animés, aux taches de couleurs  éparses mais vives, comme une trace du souvenir où le mouvement des choses se fige en des instantanés précis dans le trait mais flou dans l’ensemble. La Princesse Kaguya, trouvée dans un Bambou, est passé à côté de sa vie. Plutôt que de vivre à la montagne là où elle vécut au début de son enfance, elle acceptera d’être psychologiquement détruite par ses parents voulant faire d’elle une princesse, oubliant de prendre en considération ses désirs au nom de son bien-être futur. La Princesse lutte, refuse les maris potentiels, allant même jusqu’à rejeter l’Empereur, mais ne se révolte pas. A la fin, alors qu’elle sait que sa vie sur terre va s’achever, elle retrouve au cours d’une scène qui est peut-être un rêve, son amour de jeunesse qu’elle a laissé passer, à deux reprises. Il a une épouse et un bébé. Elle lui dit « Avec toi, j’aurais pu être heureuse. Peut-être ». Tout est dans ce « peut-être ». On peut passer à côté de sa vie et se dire que tout aurait pu être mieux si les choses avaient été différentes. Mais ce n’est qu’une hypothèse, une façon de mettre sur le compte du Destin ce qui appartient au livre arbitre de l’individu.