Brian de Palma est un métronome. Passion est découpé en deux parties stylistiquement très différentes.
La première est filmée de façon plutôt conventionnelle (à dessein, pour que les
rimes de la seconde soient plus efficaces en miroir de la première) et montre
les pressions exercées sur la working
girl Noomie Rapace par sa chef Rachel McAdams. La seconde partie est dédiée
à la vengeance de cette dernière. La césure se fait exactement au milieu du
film, à 50 minutes (le film en dure 100), par un gros plan sur les antidépresseurs
que Noomie Rapace se met à prendre. Les cadres seront désormais obliques, des
stries lumineuses barreront régulièrement l’écran, l'image sera d'un bleu aqueux digne des éclairages d'un polar de Hong Kong des années 90. Passion devient
soudainement expressionniste, la mécanique s’emballe, des échafaudages diaboliques
se mettent en branle et s’emboitent les uns dans les autres comme des matriochkas, rêve et réalité se
confondent jusqu’à un finale opératique mi-Argento mi-Almodovar, c’est à dire
100% De Palma.
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mercredi 29 juin 2016
lundi 9 mai 2016
Rachel McAdams : poker d'As
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| Rachel McAdams dans la formidable saison 2 de True Detective |
Passion de Brian De Palma
A la merveille de Terrence Malick
Aloha de Cameron Crowe
True Detective saison 2, série créée par Nic Pizzolatto
La filmographie de Rachel McAdams ces dernières années ressemble, si l'on se place du côté du succès critique et/ou commercial, à un désastre total. Alors certes, il y a aussi eu une nomination à l'Oscar pour le tout à fait estimable Spotlight, un Woody Allen bof (Minuit à Paris) et une participation sans intérêt à Sherlock Holmes, mais avoir le génie d'être à la fois dans le plus gros bashing du cinéma US récent (Aloha) et dans le plus gros bashing pour une série TV US récente (True Détective saison 2), tout en étant dans les films les plus mal aimés et les moins vus de deux grands cinéastes américain à l'aura entamée (De Palma et Malick), cela force l'admiration.
Ce sont pourtant ces œuvres là qui, à nos yeux ont fait passer l'actrice anglaise de la case "jolie actrice du moment" à celle d'actrice sublime faisant irradier ses rôles.Que ce soit en prédatrice glaciale, en agricultrice rongée par la mort de son enfant, en épouse chaleureuse retrouvant son ancien compagnon ou en flic désespérée et nymphomane, la comédienne offre différentes facettes de ses talents. Mélancolique dans la joie, solaire dans la dépression, Rachel McAdams nous trouble.
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